Histoire de l'Art

Claude Mellan, « Intellect, Mémoire et Volonté », d’après Simon Vouet.

Claude Mellan (1598-1688) a gravé le tableau allégorique intitulé « l’intellect la mémoire et la volonté », ou encore « les facultés de l’âme » ou “Allégorie Sacchettivers 1625. La gravure a pour modèle un tableau que Simon Vouet (1590-1649) a peint à Rome vers 1621-1623 pour Marcello Sacchetti (1586-1629), un banquier et homme d’affaires nommé trésorier secret et dépositaire général de la chambre apostolique par le Pape Urbain VIII. Pour information, le tableau qui a servi de modèle est une huile sur toile (179 x 143cm) conservée à Rome au musée du capitole est actuellement exposé exceptionnellement au Musée d’art de Nantes. Plusieurs tirages de cette gravure ont été réalisés, dès le 17es mais aussi au début du 18es. On n’a pas plus d’informations concernant la planche d’origine.

Concernant les aspects techniques, l’œuvre est de petite taille, d’environ 553 x 380 cm. La gravure est datée selon le pape en fonction, et signée. La gravure comporte un cartel portant la dédicace et 8 lignes de commentaires. La technique utilisée est celle du burin sur du papier vergé (on voit les lignes du papier en transparence). À gauche surmontée d’une flamme il y a la figure de l’intellect, le jeune homme tient  un miroir sur . Au centre la volonté est sous les traits d’une femme et est pourvue d’ailes et porte une couronne qui signale qu’elle est supérieure aux autres facultés de l’âme. Deux putti munis de petites trompes semblent vouloir l’attirer dans des directions contraires, l’un étant un simple angelot, l’autre ayant de curieuses ailes d’oiseau nocturne et 2 petites cornes de diablotin. Quant à la mémoire, à droite elle présente 2 visages, devant celui d’une jeune fille et derrière celui d’un vieillard que l’on distingue à peine. Mais de quelle manière cette oeuvre est-elle influencée des modes stylistiques de l’époque, tout en gardant un aspect original et personnel?

Mellan est né à Abbeville, dans la Somme en 1598 d’un père chaudronnier et planeur de cuivre  (artisan qui plane, dresse et polit les planches de cuivre destinées à la gravure), ce qui contribuera probablement à sa vocation. En 1619, il quitte Abbeville pour Paris où il rencontrera Nicolas-Claude Fabri de Peiresc qui le poussera à se rendre à Rome dès 1624. Là-bas, il fera la rencontre de grands artistes dont Simon Vouet, Nicolas Poussin ou encore Le Bernin qui va lui confier l’exécution d’un frontispice pour les œuvres du pape Urbain VIII. Mellan parvient donc à se dégager une place importante auprès de la communauté de peintres présente à Rome. Mais ici, c’est surtout le rapprochement entre Mellan et Vouet qui nous intéresse. La relation entre les deux s’atteste lorsque, confiant quant au talent que possède le jeune homme, et conscient de l’intérêt qu’il pouvait tirer de la gravure ; Vouet fit appel à Mellan dès 1624. Il lui confia un certain nombre de ses compositions pour que ce dernier les reprenne au burin et leur première collaboration sera le portrait du pape Urbain VIII. La complicité entre les deux personnages est bien réelle comme en témoigne le fait qu’ils aient partagé la même maison, et la réalisation en 1626 du portrait de Virginia de Vezzo, l’épouse de Simon Vouet.

Au 17ème siècle quelques artistes comme Rubens et Vouet ont conscience de la portée de la gravure. Ils s’en serviront donc pour diffuser leurs œuvres et répandre leur renommée. L’avantage de cette technique c’est qu’en plus du fait que sa circulation soit aisée, il s’agit d’un art peu cher qui nécessite simplement du papier et de l’encre. Les deux artistes vont donc se complaire, car pendant que Vouet peut diffuser son art, Mellan établit sa réputation auprès des milieux artistiques.

La gravure Intellect, Mémoire et Volonté est de ce fait issu d’une collaboration entre un peintre et un graveur. Mais ce ne fut pas là leur seule coopération, on peut citer de nombreux autres exemples.
Premièrement, on peut évoquer
Le martyre de Sainte Catherine d’Alexandrie. La roue ornée de piques de fer que l’on voit fait référence à son martyre. En effet, Catherine est une jeune femme douée d’une haute intelligence et qui, après avoir reçu le baptême, vit une apparition du Christ qui l’a pris pour épouse. Par la suite, elle rencontre l’empereur Maximien qui tomba en admiration devant sa beauté, mais celle-ci refusa ses avances à plusieurs reprises s’étant consacré à Dieu fut torturé par Maximien. Après plusieurs tortures dont la roue destinée à lui lacérer les chaires, elle fut décapitée et des anges la transportèrent sur le mont Sinaï. Mellan se veut réellement fidèle à l’œuvre originale il reprend tous les éléments du tableau, et ce jusqu’aux moindres détails. La gravure est soignée comme le montre le soin apporté au traitement du bois avec les rainures apparentes et des drapés avec les plis. Ensuite, on peut aborder la gravure s’intitulant Psyché regardant l’Amour endormi. Cette œuvre renvoie à un moment de l’histoire de Psyché. Pour résumer cet épisode très brièvement, Psyché est une jeune femme mariée avec Cupidon. Cependant, elle ne connaît pas son visage et un jour, lorsque celui dort elle allume une lampe à huile afin de découvrir l’identité de son époux. Dans cette gravure, Mellan retranscrit parfaitement les plus petits éléments de la peinture de Vouet comme les motifs gravés sur la colonne et le cadre du lit. Et par le croisement des lignes dont l’épaisseur varie, les contrastes de lumières et d’ombres auxquels Vouet porte une grande attention sont restitués d’une façon plus qu’admirable.

Enfin, on peut citer Le Suicide de Lucrèce. Dans Le Suicide de Lucrèce, les artistes évoquent le moment où Lucrèce décide de mettre fin à ses jours en se poignardant, après que Sextus, le fils de Tarquin le Superbe l’ait violée. Cette œuvre est habituellement associée au tableau de la Galerie nationale de Prague qui semble toutefois simplifié par rapport au tableau. Cela incite à penser soit qu’il existait une autre version peinte, soit que Mellan aurait opté pour une interprétation plus libre du sujet. En effet, on peut voir que Mellan arrange quelques éléments du tableau peut-être de façon à les adapter à sa technique. Ainsi, le drapé est agencé différemment, les cheveux ont plus d’ampleur et de longueur et ce qui semble être une porte en arrière-plan de la peinture est remplacée par une sorte de coiffeuse. On peut également noter que les détails tels que les broderies des tissus transparaissent avec plus d’intensité. Ces trois gravures comme la plupart de celles issues de la collaboration entre Mellan et Vouet sont de 1625 mais on en retrouve dès 1624 et jusqu’en 1626 principalement, car dès 1627, Vouet rentre en France tandis que Mellan reste à Rome jusqu’en 1636.

Bien que Mellan copie des peintures, il doit faire l’impasse sur les couleurs ce qui va alors permettre à la lumière de s’épanouir : les gravures seront alors plus claires que les tableaux. L’artiste va donc retranscrire des nuances de tons et surtout les ombres dues au clair-obscur présent dans les peintures de Vouet par de simples lignes. Pour ce faire, Mellan va jouer sur les lignes en touchant à leur épaisseur, leurs formes, leur agencement en fonction de ce qu’il souhaite retranscrire. Ainsi, dans les endroits sombres, on peut voir une tendance à l’épaississement des lignes et à une disposition des lignes en hachures ou à leur croisement perpendiculaire. À l’inverse, dans les endroits comportant de la lumière ou originellement clairs, on trouvera de fines lignes pouvant se transformer en simples points. Parfois la surface sera laissée telle qu’elle, c’est-à-dire qu’il n’y aura aucun traitement.

À la fin de la renaissance, différents facteurs ont contribué à un recours massif à l’allégorie comme les pensées philosophiques des aristoclétiens pour qui l’esprit ne peut penser sans image et les néo-platoniciens pour qui l’idée est une vision intérieure et l’image une langue plus immédiate que les mots. C’est Émile Mâle qui a réussi à identifier les 3 figures représentées grâce à l’Iconologia de Ripa. Ces allégories choisies par Vouet ne sont pas les plus communes, à l’inverse de l’allégorie de la victoire, la justice, l’abondance, la paix ou encore la prudence et les vertus cardinales… On peut citer des œuvres comme « Allégorie des quatre saisons » de Bartolomeo Manfredi, « Quatre âges de l’homme » de Valentin de Boulogne ou encore « Allégorie de l’Italie » du même peintre.

L’oeuvre de Vouet “Intellect, Mémoire et Volontépeut être considérée comme une œuvre publique, chargée d’exprimer et de diffuser un discours, personnel ou politique. L’œuvre a été faite pour les membres du cercle des Barberini. Les poses des personnages et leurs attributs sont codifiés. Ici les qualités de l’intellect, la mémoire et la volonté sont personnifiées par 3 figures drapées à l’antique, et assises parmi des ruines baignées dans un clair de lune. Cette allégorie est dite “nocturne”.

Vouet s’inspire de l’Iconologia de Ripa, cependant il semble n’avoir emprunté que quelques éléments à chaque description faite par Ripa. On note que l’Intellect est bien un jeune homme vêtu d’or et couronné d’une flamme, mais il n’y a pas les autres éléments décrits par Ripa comme, le globe, le serpent…. La Mémoire quant à elle est bien incarnée par une figure féminine à double visage, mais son second visage, celui d’un vieil homme barbu est à peine visible, et ressemble plutôt à un masque de théâtre… Il manquerait le livre et sa plume. En ce qui concerne la Volonté, elle porte des attributs courants : des ailes et une couronne, mais ces attributs sont communs à un grand nombre d’autres allégories de ripa donc cela ne permet pas vraiment de l’identifier facilement.

On sait que Vouet a introduit de nouveaux éléments par rapport à d’autres allégories connues : la volonté n’est pas aveugle, et deux putti sont ajoutés, cherchant à attirer l’attention de la volonté, entre la vertu ou le vice. La volonté est au centre, car elle serait au centre de la personne humaine. Expression : « comme la reine qui trône dans la plus noble partie de l’homme ». Il s’agit d’une œuvre d’interprétation, Mellan n’a pas inventé cette composition, il l’a reprise de Vouet. On note que Mellan a pris quelques libertés, en effet la gravure diffère légèrement du tableau de Vouet. Sans la gravure de Claude Mellan et l’inscription qui l’accompagne, le sens de cette toile serait difficile à déchiffrer. On voit bien la supériorité de la volonté sur l’intellect dans les 2 strophes du bas de la gravure, puisque l’intellect et la mémoire se partagent 4 vers, alors que la volonté a droit à un quatrain.

« L’intellect et la mémoire

Soit le génie jaillit d’une flamme soit il brille d’une flamme

C’est pourquoi il entoure la chevelure d’un feu inoffensif.

La troisième puissance de l’âme regarde les années qui ont passé,

Et, montrant ses deux visages, les siècles écoulés.

La volonté

Une agitation inquiète ébranle l’esprit, et la volonté reste en suspens ;

Sur une route qui part dans toutes les directions, elle ignore le chemin.

Où doit-elle conduire ses pas ? Dans le même temps, elle est l’objet de tourments multiples,

Elle ne sait quelle décision prendre, car son cœur est double ».

On constate un certain nombre de variantes comme la jambe de l’angelot de gauche, repliée dans l’estampe, et une meilleure disposition de la tête de la figure centrale. En plus du changement de format, Vouet a corrigé ce qu’il estimait une erreur et qui créait cette impression d’encombrement remarquée plus haut. Cela suppose que le peintre ait eu le souci d’actualiser sa composition pour la gravure. Claude Mellan a éclairci sa gravure par rapport à la peinture de Vouet qui est plongée dans une ombre caravagesque.

La gravure est mise au point à partir du milieu du 15ème siècle et au 17ème siècle, elle est toujours présente et permet entre autres de reproduire et diffuser des tableaux afin d’accroître sa renommée.

Mellan a donc réussi à se faire une place parmi ces artistes, mais ce n’est pas le seul graveur. En effet, on peut citer d’autres personnalités telles que Sisto Badalocchio, Pietro Aquila ou bien Nicolas Mignard. Sisto Badalocchio (1581/5-1647) est un connu en tant que graveur par ses reproductions des fresques du Vatican sur les scènes bibliques exécutées par Raphaël. On peut par exemple citer Abimelech surprend Isaac avec sa femme Rebecca. Pietro Aquila (1630-1692) était lui aussi un peintre et graveur italien. Il a par exemple gravé Hercule entre la Vertu à partir de l’œuvre du même nom réalisée par Annibal Carrache. Nicolas Mignard (1606-1668) est quant à lui un peintre et graveur français. À Paris, il fut élève de Simon Vouet dont son art sera proche avant d’évoluer vers quelque chose de différent. De 1635 à 1636, il se rend à Rome où il exécutera des séries de gravures, principalement d’après les travaux d’Annibal Carrache. Ainsi on peut évoquer : Le Triomphe de Bacchus. Il a aussi réalisé quelques gravures qui lui sont propres : Ulysse, Mercure et Circé ou Sujet mythologique classique.

Mais ce ne sont là quelques noms d’artistes du 17ème siècle, en vérité on en trouve une multitude et de toutes nationalités réalisant des gravures à l’aide de diverses techniques et par conséquent, toutes ces œuvres, comme on a pu le voir, n’auront pas le même rendue au niveau des traits entre autres, que celles de Mellan qui se concentre réellement sur la lumière. Quelques artistes français par exemple, dont Nicolas Mignard se rendent à Rome pour faire des copies d’œuvres de grands peintres tels qu’Annibal Carrache. Tous ces artistes ne souhaitent pas atteindre le même but en réalisant ces gravures. Pour certains, il s’agit peut-être d’exercer leur art. Pour d’autres, comme pour Mellan cela peut-être un moyen de se dégager une place en tant qu’artiste reconnu, chose qui n’est pas aisée spécialement à Rome.

Entre 1615, date à laquelle Claude Mellan commence à apprendre son métier, et 1687, date à laquelle il grave  son dernier cuivre, la carrière de cet artiste montre une certaine transformation de l’art de la taille-douce en France. Mellan va mettre au point une technique de taille linéaire à la fois respectueuse des contrastes lumineux et de la fluidité des modèles. Au cours de ces réalisations, Mellan enrichit son vocabulaire de signes nouveaux, de structures différenciées et guidées par son modèle, cherche à adapter son trait aux formes et à la lumière. Mellan a gravé nombreux portraits. Il économise des traits, respecte les accents de la lumière qu’il observe et restitue les tensions qu’il y a autour du nez, des orbites et des lèvres, tout ce qui fait le caractère d’un visage. Il parvient à analyser la vie intérieure de ses modèles. Il est un des premiers dans le domaine de l’estampe à lier fortement l’approche technique et le sujet traité.

Comme on l’a déjà évoqué, il se fonde sur la variation de l’écartement de l’épaisseur des lignes, autant que sur la fluidité de leurs courbes. Il cherche à créer une illusion d’optique qui permet de restituer par le simple partage des noirs et des blancs une « tonalité spatiale », c’est censé donner le sentiment de la couleur. Sa méthode aux aspects mathématiques tend le plus vers l’illusion. Pour lui, le simple rapport du noir et du blanc contient à la fois la forme et la couleur. La technique n’est pas inédite, mais Claude Mellan l’utilise avec une systématique et une sophistication sans précédent. L’exemple phare d’une nouvelle technique mise au point par Mellan est la « sainte face », une gravure sur cuivre, en taille douce au burin réalisée en 1649. Mellan a réalisé l’exploit qui consiste à restituer la figure du christ à l’aide d’une seule ligne, déroulée en spirale à partir du nez. Ce trait d’environs 150m il paraît, tantôt s’amincit, et tantôt s’épaissit, s’écarte ou se rapproche, ce qui donne au final une image.

On peut comprendre la devise « Non alter » , « Pas un autre », placée à côté de la signature, comme une double revendication de la singularité de l’artiste et de l’œuvre :

  • « Personne d’autre que moi n’aurait pu le faire »

  • « Aucun autre trait ne peut s’intercaler entre les miens”

Pour conclure, comme dit précédemment, l’œuvre de Mellan ici est unique de par les touches personnelles rajoutées à la fois par Vouet et Mellan au cours de la mise en place de la gravure. Le duo que formaient Vouet et Mellan était très productif et le nombre d’œuvres qui nous sont parvenues nous ont montrés que Mellan en tant que graveur pouvait prendre des libertés quant à la reproduction des œuvres de Vouet. La gravure représentant une allégorie de l’Intellect la Mémoire et la Volonté est un bon exemple d’oeuvre inspirée de l’Iconologia de Ripa, œuvre qui servira d’inspiration à de nombreux artistes au cours de cette période. L’œuvre s’inscrit dans une ère de redécouverte de la gravure. La gravure est de plus en plus utilisée par les peintres et sculpteurs comme moyen de diffusion. De nombreuses estampes de cette œuvre ont donc été diffusées, aujourd’hui encore il en reste sur le marché de l’art.

Collaboration -Olympe & Pauline-

-Sources-

BORTOLOTTI Frédéric (dir.), Simon Vouet (les années italiennes 1613/1627), cat.expo. (Nantes : 21 novembre 2008 au 23 février 2009, Besançon : 27 mars au 29 juin 2009), Hazan, 2008.

BONFAIT Olivier, ROUSTEAU-CHAMBON Hélène (dir.), Simon Vouet en Italie, actes de colloque (Nantes, Musée des Beaux-arts et Archives départementales : 6-8 décembre 2008), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011.

DONATION Isabelle, TREYVAUD Jacques, Claude Mellan : L’écriture de la méthode, 5 continents, 2015.

GARDES-TAMINES Joëlle (éd.), L’allégorie, corps et âme, entre personnification et double sens, Publications de l’Université de Provence, 2002.

RIPA Cesare, Iconologie édit. 1643, Paris Aux Amateurs de livres impr. 1989.

SALAMON Lorenza, Comment regarder la gravure, Hazan, 2010.

http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Mellan/126681

http://www.gelonchviladegut.com/fr/blog/claude-mellan-graveur/

https://www.universalis.fr/encyclopedie/claude-mellan/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gravure#En_Italie
http://artifexinopere.com/?p=4211

https://www.universalis.fr/encyclopedie/reproduction-des-oeuvres-d-art-copie-et-reproduction-depuis-la-renaissance/2-la-gravure-d-interpretation/

http://www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1968_num_50_199_5894_t1_0702_0000_6

 

 

 

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