Archéologie

[Résumé d’article] « Navires fantômes attaqués : la protection à distance des lieux patrimoniaux subaquatiques »

L’article présenté est signé Jonathan Moore. Moore est un archéologue subaquatique qui possède une maîtrise en études maritimes à l’université de St. Andrews. De 2007 à 2009, il dirige l’inventaire archéologique des épaves du Hamilton et du Scourge, navires des forces navales des États-Unis et sujet principal de cet article.

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Courant XXIe siècle, les épaves du Hamilton et du Scourge connurent trois fouilles archéologiques en 2007, 2008 et 2009. Leur objectif principal était d’évaluer l’état de ces épaves datant de la guerre de 1812-1814. Les navires avaient coulé dans la partie ouest du lac Ontario en Amérique du Nord le 8 août 1813 à une profondeur de 90 mètres. Ces navires sont de type goélette armée de facture américaine.

Depuis leur découverte et jusqu’à aujourd’hui, les scientifiques pensaient que ces épaves n’étaient pas en danger direct grâce à leur position isolée, leur profondeur et un environnement favorable à la conservation. Cependant, les choses ont changé, les progrès dans le domaine de la plongée ont rendu ces épaves accessibles aux plongeurs : des plongées illégales ont eu lieu en 2000-2001. Les plongées d’inspection qui ont suivi ont permis de révéler la présence de moules envahissantes, identifiées comme étant des moules quagga, une espèce de la même famille que la moule zébrée, et colonisant les épaves. Ces moules de type biosalissure menacent de recouvrir entièrement les épaves. La protection de ce site unique est aujourd’hui devenue nécessaire.

Les plongées illégales et l’apparition d’éléments parasites ont rendu nécessaire la mise en place de collectes de données archéologiques et scientifiques pour évaluer les dégâts. Les archéologues en ont profité pour effectuer des enregistrements tridimensionnels des épaves et explorer l’intérieur des navires. Un programme de médiation a aussi été mis en place, le site a été présenté publiquement et un documentaire sur le site a été réalisé.

Le but de ces missions de protection était de recueillir des informations dans des conditions parfois difficiles de la plongée en milieu subaquatique. L’archéologie subaquatique est tout aussi réglementée au Canada qu’en France. Les activités de plongée ainsi que de post-fouille ont été réalisées sur le site et ont nécessité un soutien logistique important. De gros moyens ont été mis a disposition, dont « un système de sonar latéral à la fine pointe pour enregistrer des images des épaves et pour définir avec précision la dispersion des débris autour de chaque navire ».
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Des bouées d’amarrage ont également été disposées autour des épaves afin d’éviter des endommagements. Des véhicules téléguidés (VTG) ont été employés pour étudier les épaves, utilisant des systèmes vidéo HD ainsi qu’un système de sonar à deux axes pour mesurer les épaves en trois dimensions. Les progrès scientifiques en matière de matériel d’étude subaquatique ont permis de recueillir de nombreuses informations utiles pour la compréhension et la protection du site.

Grâce à ces études, un schéma des épaves et une carte du lit du lac ont été réalisés. De plus, l’étendue de la présence des moules a pu être observée grâce à la comparaison de photos de 1982 et de cette décennie. Ces épaves sont de bons exemples de navires datant de la guerre de 1812 entre les États-Unis et les colonies britanniques en Amérique du Nord.

Le projet du Hamilton et du Scourge n’est qu’un exemple de la façon dont une organisation gouvernementale utilise la technologie pour étudier, surveiller et mettre en valeur les lieux patrimoniaux subaquatiques. Les enjeux de la protection des sites subaquatiques sont importants : la technologie s’est développée plus rapidement que la capacité d’appréciation du patrimoine culturel. Il en résulte que les menaces qui guettent le patrimoine culturel subaquatique sont relativement récentes, mais irréversibles.

Si l’on se réfère à l’article La protection du patrimoine culturel subaquatique de Vittorio Mainetti, de nombreuses activités subaquatiques sont en elles-mêmes bénéfiques et souhaitables, mais elles peuvent entraîner des conséquences désastreuses pour le patrimoine culturel subaquatique si l’on n’en prévoit pas les effets. Les moyens d’accès aux sites inappropriés ou l’impact de la collecte de « souvenirs » peuvent avoir un effet néfaste. Ce genre d’activité dégradant le patrimoine culturel subaquatique est encouragé par l’application de la « salvage law » et de la « law of finds », propres au droit maritime des pays de la common law. Lois en vigueur en Amérique du Nord par exemple, qui est donc valable pour les vestiges du lac Ontario….

Cependant en tant que membre de l’UNESCO, de nombreux pays ont du signer la Convention de 2001 sur la protection du patrimoine culturel subaquatique qui fixe les principes de base relatifs à la protection du patrimoine culturel subaquatique, qui met en place un système de coopération pour permettre aux états d’assurer la protection de leurs sites et qui fournit des règles pratiques pour le traitement et la recherche sur le patrimoine culturel subaquatique. Cette convention fixe une norme commune pour la protection du patrimoine submergé afin d’empêcher qu’il ne soit pillé ou détruit.

La conservation des sites sous-marins et subaquatiques est donc devenue une priorité.

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-Olympe-

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